Le tadelakt Pro de Perfectino

Il y a de ça près d'un millénaire, le tadelakt ornait déjà les citernes et fontaines au Maroc. Aujourd'hui, ce revêtement à la chaux a été importé en Occident et est devenu un produit de luxe alliant patine, sensualité du matériau, subtilité des couleurs tout en étant écologique.
Sa surface est caressante comme le marbre mais patinée comme l'argile. Ses tonalités déclinent toute la palette du peintre avec nuances et douceur. Le tadelakt a fait son entrée, il y a déjà quelques années, dans nos aménagements. Progressivement, il séduit de plus en plus de créateurs, au point de devenir un véritable phénomène de mode dans le monde de l'architecture d'intérieur.
Par définition, le tadelakt est un enduit traditionnel de finition à base de chaux, d'eau et de pigments de couleur. Cette matière est utilisée comme revêtement noble et doit son succès à son étanchéité naturelle et à sa texture douce au toucher.
Vu ses propriétés hydrofuges, le tadelakt est surtout utilisé, chez nous, dans les salles de bains, pour les murs mais aussi le sol, la baignoire, la tablette, le lavabo, etc. Cet enduit peut également être appliqué, si on en a les moyens, partout ailleurs dans l'habitation, comme élément décoratif.
L'Europe inspirée
La technique du tadelakt est née en Orient, à Marrakech, mais a été déclinée également sous d’autres cieux comme l’Inde, la Syrie, ou le Mozambique avec des appelations différentes. A l'époque, les Marocains considéraient ce matériau comme "le marbre du pauvre" et protégeaient leurs hammams, fontaines et autres pièces aquatiques de cet enduit aux tons agréables. Mais petit à petit, les habitants de la Médina ont quitté le centre de la ville mythique pour des quartiers plus modernes et ont opté pour d'autres modes de décoration. Les maisons délabrées du centre ont, en partie, été reprises par des Européens, qui voulaient rénover les lieux selon les techniques ancestrales. C'est ainsi que l'Occident a découvert le tadelakt et l'a importé sur le Vieux Continent. Le "marbre du pauvre" est devenu chez nous un revêtement luxueux et onéreux.
Un prix qui s'explique par la nécessité de travailler avec des matériaux bruts de qualité aléatoire et aux moyens de production artisanaux de la chaux de Marrakech notamment,  selon des techniques artisanales qui prennent énormément de temps.
Voici quelques années quelques passionnés se sont réunis pour analyser et tenter de mettre au point un matériau qui pallie aux faiblesses du matériau d’origine tout en conservant son aspect esthétique et ses propriétés naturelles. Le résultat est un matériau de revêtement pour sols et murs adapté aux contraintes climatiques et aux usages de l’occident, TadelaktPro.
Un support solide
Idéalement, le support du TadelaktPro doit être plane, stable, résistant à l'humidité, un peu absorbant...
Au Maroc, ces qualités sont réunies puisque le Tadelakt s'étale sur des murs de briques ou de terre cuite recouvertes d'un "gobetis" (ou enduit d'accrochage). Chez nous, par contre, les procédés de construction contemporains ne sont pas toujours des plus adaptés pour ce revêtement à la chaux. Mais, moyennant une préparation du support, TadelaktPro peut aussi être placé sur du plafonnage, des plaques de plâtre hydrofuges (double épaisseur), des panneaux "Fermacell" ou en PSX (polystyrène extrudé) armés prêts à enduire, des plaques de ciment, ou encore du béton cimenté. Le bois, et en rêgle générale tout les supports flexibles, seront à éviter.
En ce qui concerne les éléments de salle de bains, la baignoire ou l'évier devront être en fonte, en faïence ou réalisés sur mesure en maçonnerie, cimentée. Les matériaux plastiques sont à exclure.
Une technique artisanale
Une fois ce support choisi et recouvert d'un enduit d'accrochage, le processus de mise en œuvre peut débuter. Au contraire de la technique ancestrale des artisans marocains, TadelaktPro est à la portée de l’amateur. Une technique adaptée et un mode d’emploi détaillé permettent d’obtenir une finition quasi professionnelle et durable dès le départ.
Nombreux sont les artisans sur le marché qui proposent du Tadelakt, mais pas toujours selon les règles, ni avec les matériaux adéquats. Il faudra donc bien se renseigner avant de choisir son spécialiste.
La première étape consiste à placer à la brosse une sous-couche d'accrochage à base de chaux. Par-dessus, on étale, à la brosse, une première couche de chaux teintée, et, quelques heures plus tard, une couche de chaux grasse. Une seule couche peut toutefois être suffisante, si l'on peut la faire épaisse et régulière. Lorsque cette matière commence à "prendre", pendant le séchage, il faut la lisser manuellement à l'aide de lisseuses, galets, bouts de plastique, etc. Cette étape cruciale et difficile avec la chaux de Marrakech devient extrêmement facile avec la technique de TadelaktPro. Le résultat surgit presque sans effort, avec un minimum de travail. La dernière étape est réalisée avent le séchage complet lors d’un deuxième lissage, au savon à l'huile d'olive.
Lorsque l'ouvrage est terminé, il faut encore compter au minimum une semaine de séchage durant lequel l'enduit devient de plus en plus solide et étanche. Au cours de 3-4 semaines suivantes il va se transformer au contact du CO² en une surface dure comme le marbre, imperméable et antitache. Ces propriétés en font un matériau idéal pour les surfaces tels les plans de travail de cuisines et les sols, mais également les lieux humides ou en contact direct avec l’eau, tels salles de bains, bassins et piscines.
Après sa prise définitive, le TadelaktPro nécessite un entretien relativement simple. Les surfaces fortement seront enduites une à deux fois par an de cire grasse incolore. Le reste de l'année, elles seront simplement lavées au savon noir, en évitant l'utilisation de produits agressifs (Cif, anti-calcaire, etc.).
Couleurs et patines
Issu de ce processus, le TadelaktPro donne une ambiance particulière aux espaces, faite de tradition mais aussi d'une douceur et d'une unicité des surfaces qui peut être traduite de manière beaucoup plus contemporaine, aux côtés du bois, du métal, des carreaux de ciments, etc.
Réalisé à l'aide de pigments naturels, cet enduit peut prendre de nombreuses nuances... Dans les jaunes et crèmes, les gris et bleus, les ocres, etc. Toutefois, il sera toujours nécessaire de réaliser des tests préalables car certains pigments, notamment métalliques, peuvent ne pas supporter le processus chimique, ou le milieu dans lequel ils sont placés. Ainsi, un rouge chatoyant pourrait virer au rose pastel ou au vert, en présence de chlore, dans une piscine, par exemple. Il faut donc être bien conscient que le TadelaktPro est avant tout un matériau naturel et artisanal.
C'est un matériau qui vit, qui se patine. Le TadelaktPro peut se parer de faïençage ou fissures (n'altérant pas l'étanchéité de l'enduit). Plus solide, TadelaktPro résiste très bien à l’abrasion et aux coups, notamment sur les angles. Mais, c'est cette empreinte du temps, cette évolution du matériau au fil de la vie du bâtiment qui fait toute la richesse de cette technique millénaire désormais bien ancrée dans l'architecture d'intérieur du troisième millénaire.

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